Archives d’Auteur: 4ine

À propos de 4ine

Catrine Godin vient de Québec où elle y a étudié les arts. Elle vit à Montréal, dessine, peint et écrit. En 2006, paraît un premier titre, Les ailes closes, aux Éditions du Noroît. Puis, paraît en 2012, Les chairs étranges suivi de Bleu Soudain, également aux Éditions du Noroît. En 2013 Catrine Godin est invitée au Festival International de Poésie de Trois-Rivières, elle participe au Festival Québec en toutes lettres en 2014 par l’entremise du projet Les oracles de Production Rhizome, puis en 2015, elle participe au projet Plus Haut que les Flammes, également de Production Rhizome. / pour + d'infos : mescorpsbruts.wordpress.com

Allons!

à demain


Allons! Vivement, rengorger la parole vile, vivement remplir la rue, l’occuper! L’occuper de vies et de voix, de banderoles fleurissantes de bons mots, de cymbales et de cuillers pour cuisiner un nouveau monde, et un jour d’août comme vers l’automne Érable, lancer nos chants parés de rouges vigueurs. Allons! Devant nous tous les chemins s’ouvrent où les destins volontaires s’élancent. Déterminés et résolus! Soyons! Et soyons joyeux tout contre les grisailles, contre tous les fous ministères, fanions levés de nos maintes présences! Car nous sommes!  Ni décret ni l’odieux d’une loi ne peut nous enlever Nous! Ni les médisances sardoniques, ni les matraques et les gaz lacrymogènes, ni les insultes ni les tricheurs n’effaceront ou feront taire les voix debout à l’été indien! Allons!

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affleurement


quelques pas

petite pente de mousses, humus odorant, une impulsion se dessine à même le sol, empreintes fermes dans l’étroitesse le touffu

 

 

 

 

 

 

tu passais devant

comme la grande soeur

celle qui sait

les outils simples

 

 

 

 

 

 

 

dans les lenteurs

l’émerveillement

me vois-tu encore dévisager la bouche bleue

du sabot sauvage

la coupe minuscule et rouge

des lichens

 

 

 

 

 

 

 

tu ris

suis à la traîne, pourtant je t’attend appuyée dans l’encoignure verticale des hautes pierres du sentier

 

 

 

 

 

 

*

 

 

 

 

 

 

sous le ciel d’acier les feuilles tombent en plumes de feu, auréolent la descente serpentine soulevée de racines

 

 

 

 

on dirait

des marches

entre les hauts corps dressés

 

 

 

 

 

 

fruits du quatre-temps

le petit thé à mâchouiller

salsepareille endormie

une créature farfouille dans le sousbois

 

 

 

 

 

 

quelque chose de la candeur:

«si Forêt était un homme, tu crois qu’il m’épouserait?»  il faudrait que l’enfance ne meurt pas.

 

 

 

 

 

 

 

 


On se lance?

«oui, alors oui on se lance

– mais où donc?

– où donc que sur le sentier ?

– cours, cours, envole-toi!»