Archives de Catégorie: aile seule

Bouture aérienne

*

Corps écorcé dans l’arbre

gorgé de sève et sang

je me laisse être

*

tout grouille dans l’inertie

brumeuse des escarmouches

le vent souffle dans nos bouches

des ailes de grives

des vapeurs chaudes

et des clameurs d’orage

*

ma raison coule

douce et fluide

au cocon des lunes

– – –

Aile ~

septembre 2012

 


Complet-X

 

 

 

L’humain se gaspille en procédures

À force

Il menotte la main qui se tend

 

J’ai quelque chose pour toi

Dans deux ans

 

Tu pourras mourir quand tu veux

Maintenant

Vous êtes trop nombreux

À la surenchère des urgences

 

L’humain s’enfonce les détails

Comme des millions d’aiguilles

Dans sa botte de foin

C’est comme y chercher la paille

 

Je rage

De te voir souffrir devant ma porte

Derrière deux cent légionnaires

Affairés

À réviser l’itinéraire

 

 

 

 

Aile ~*

Mars 2012

 


Le rappel

La corneille attaque

l’oreille

la coupe de la bise des arbres

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du sang perle

rouge

dans la neige où scintillent

des particules de mer

.

.

.

du sang sur la glace

.

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.

à ma mémoire

la détestable criaille

un reste de merveille

.

.

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Aile ~

Janvier 2012


La mauvaise herbe

La mauvaise herbe

~

Les pissenlits les chardons les renoncules

exclues des tables des toiles et des paumes

campent dans un parc où la neige les rachève

resserrées les-unes contre les-autres

~

Les décolorées les chiendents les vivaces

s’abritent de parlures d’espoir   d’indignation de refus

graffiti humain qui fait tache sur la ville

d’un jardinier aux espèces cultivées ramenées des grandes places

reproductrices de marge entre l’aseptisé et le fécond

qui tendent à s’installer contre les miroirs des complexes où il s’érige.

~

Il y a dans ma ville un paon qui s’expose

au milieu d’espèces onéreuses triées de sa main même

aux racines émaillées de poudre d’or.

~

À la veille de l’hiver un dégel impromptu

ramène l’éclosion de bulbes enterrés profond dans le mépris

à la surface neigeuse comme se trompant de saison

« Rentrez-donc sous terre vous n’êtes qu’une poignée de tiges branlantes

de graminées de mauvais goût insolites et grimpantes

fragiles bosquets d’hirsutes   d’hurluberlus greffés de mauvaises graines

à la santé mentale contaminée à l’herbe à poux

Hé!

Les philosophes d’aurores boréales !

on vous mélange avec les fous les sans-abris

soyez donc raisonnables rentrez chez vous

revenez le jour vous fondre au paysage

parmi les belles aux couleurs vives les exotiques des parcs publics

les gaillardes aux pétales de réussite qui font honneur aux utopistes »

~

Et moi je vous dis :

Les yeux sont tournés vers vous bâtardes des jardiniers opportunistes

Montrez-vous !  Démontez-nous!

Vous êtes la dignité dans l’eau soporifique des marais stagnants

la fierté des engourdis   le printemps de milliers d’hivers

N’allez pas vous coucher envahissez les banques de vos beaux rangs diversifiés

Vous êtes!

ce qui nous reste de fierté!

Et c’est signé,

Une indignée!

~~~ infiltrée

~

Aile ~

Novembre 2011